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Croix tumulaires

Au moins dix croix tumulaires ou croix d'occis ont existé sur le territoire de Fraire. Six ont été relevées, dont une a maintenant disparu. Les inscriptions d'une septième, à côté de la chapelle Sainte-Rita, route de Fairoul, d'une huitième, à côté du château d'eau du Vivy, d’une neuvième de l’autre côté du carrefour de la rue des Violettes avec le sentier des Ecoles où se trouvait aussi la croix Gaulier, et d'une dixième entre l'avant-cour de la maison de l'ancien bourgmestre Mineur et la rue des Barrières (Maustienne), et qui ont disparu dans les années 1960, n'ont pas été relevées à ma connaissance. Je crois me souvenir qu'elles ne portaient que des initiales et des dates ; elles seraient donc sans doute les plus anciennes. (D'après des on-dit, ces croix auraient été « récupérées » par un « historien » de la région – aujourd'hui décédé – pour éviter qu'on ne les vole.) Il reste donc cinq croix visibles actuellement.
La plupart de ces croix concernent le décès accidentel de mineurs de fer dans leur fosse ; ces croix sont toujours situées en bordure nord ou sud de la partie de l'aire géologique (synclinal de Fraire) dans laquelle étaient creusées les minières, et leur inscription fait toujours face à la mine dans laquelle s'est produit l'accident, devant le sentier qui bornait et surplombait la zone minière. La croix de mineur à Yves-Gomezée se présente de la même façon par rapport à l'aire géologique minière d'Yves-Gomezée.

Sous toute réserve, le mot " tumulaire " semblerait laisser supposer que le défunt pourrait reposer en terre devant la croix qui rappelle les circonstances de son décès. Du moins tant que l’utilisation du cimetière communal n’était pas obligatoire.

• Un mouvement de protection du patrimoine communal, "Les pîsintes du fiêr", initié et aidé par l'asbl « Qualité-Village-Wallonie » et par l'Agence de développement local de l'entité de Walcourt, est en train de mettre en valeur les centres d'intérêt de Fraire, entre autres les croix tumulaires majoritairement minières qui parsèment la commune. "Les Pîssintes du fiêr".

Voici ces croix d'occis, par ordre d’ancienneté.

Aujourd'hui en haut du Mau S'Tienne (rue Monstienne), la croix Berniat est enclavée et maçonnée dans le mur est d’une maison, où elle peut toujours être vue.
Initialement et jusqu'aux années 1960, cette croix devait se trouver en bas de la côte, à côté du chemin de fer, à un endroit qui était alors sans doute l'ancien lieu-dit « Croix Berniat » figurant sur d'anciens documents, qui pouvait être un antique carrefour existant avant la construction du chemin de fer :


A 200 m au sud-est de l’ancienne scierie Hautenne, en haut du talus sud bordant les minières, à côté d’un houx, la croix Charlier a été retrouvée et dégagée vers 1987 par Mme Léa Adam :

 

Au carrefour du sentier des Ecoles avec la rue des Violettes, la croix Gaulier, qui a disparu au moment de la construction des nouvelles écoles communales, vers 1966 (elle serait entrée dans les fondations de l'école) :

(" Sauvé par son père " pourrait peut-être signifier que les restes du malheureux aient été dégagés par son propre père hors de la terre éboulée, ou qu'il était encore vivant au moment où son père l'a ramené à la surface.)
Une imitation en bois de cette croix a été replacée en octobre 2007 par l'association des « Pîsintes du Fièr » à quelques mètres de sa localisation originale, mais tournée vers l'est au lieu du sud comme l'originale.
 

A la Maroquette, entre le terrain de football et l'ancien chemin de fer, la croix Hansenne se trouve à côté d'une ancienne carrière de silex :

 
PASSANTS
PRIEZ
DIEU POUR
L'AME DE
JEAN BAPTISTE HANSENNE ECRASE
A LA MINIERE ICI PRES LE 16
MARS 1848 A L'AGE DE 35 ANS CE
BRAVE FUT
REGRETTE DE
TOUS LES
HABITANTS
 
R.I.P.


Initialement entre le trou Thomas et le terrain de football, la croix Auquit, dégagée (mais cassée en deux morceaux) en mai 1995, pour permettre le remblayage au sud du terrain de sports, et replacée maintenant à l'est de la buvette du terrain de foot, une centaine de mètres à l'est de son emplacement initial, avec son inscription dirigée vers l'est au lieu du sud :

 
PASSANS
PRIEZ DIEU POUR L'AME DE MAXIMILIEN AU=
QUIT ETOUFFE PAR LE MAUVAIS AIR
DANS CETTE MINIERE LE 10 JUIN 1851
A L'AGE DE 18 ANS

                        R.O.P. (ou R.Q.P. ?)
 

 

A 100 mètres à l'est de la Scierie, à 50 mètres au sud de l'ancien chemin de fer, la croix d'un des nombreux Matagne de l'époque des mines de fer :

 

MAUSOLEE
DU A LA
MUNIFICENCE DES OUVRIERS MINEURS
DE FRAIRE – PASSANT PRIEZ POUR
L'AME DE FEU LAMBERT MATAGNE
MORT A L'AGE DE 49 ANS PAR SUITE
D'UNE CHUTE
QU'IL FIT
DANS SA
FOSSE A
MINES LE 11
FEVRIER
1859.
R.I.P.
 

Il est très possible que d’autres croix bordant les minières restent à redécouvrir.


Sur le territoire d'YVES-GOMEZEE, sur la route vers Daussois, se trouve aussi une croix rappelant la mort d'un mineur de fer :


D.O.M.
VOUS
QUI PASSEZ
PRIEZ POUR
LE REPOS DE L'AME          
DE PIERRE JOSEPH BARAS
AGE DE 26 ANS NE A YVES
ECRASE DANS CETTE
MINIERE LE 7 JANVIER
1830       

R.I.P.
 
Cette croix se trouve juste à côté d'une potale contenant une statuette de la "Madonna delle rose" sans rapport avec sa dédicace. Le pied de la potale contient le texte :
S  IAN    S  FIAC
P P N   1774
IEAN  MATHIEU
DI VE
A côté de ces deux pierres se trouve une croix métallique rappelant la mort en 1940 de deux artilleurs nord-africains : René Chick et Raoul Douarre.

 
Sans oublier la croix Mayolet, bien connue, encastrée dans le mur de la ferme du "Fourneau", à Yves-Gomezée, mais qui concerne, elle, un ouvrier de l'ancien fourneau.

o
YVE
LE 11 JUIN 1813 FUT TROUVE
ETOUFFE DU MAUVAIS AIR DANS
CE FOURNAU CELESTIN MAYOLET
PRIEZ DIEU POUR SON AME
o
Requies
cat in pace
 

(Voir aussi les pierres tombales anciennes de Fraire et de Fairoul)

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